Maison de l'émail - L'émail sur métaux à Morez JURA

 
 
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L'émail sur métaux
Histoire d'émail
 
 

 
Email : ce mot paraît venir du mot grec smagdos employé dans le Bas-Empire et dans les actes du XIV° et du XV° siècle pour désigner des tables ou des vases ornés d’émail. Smagdos a été traduit en italien par smalto , en latin par esmaltum qui est devenu esmail en français. Srce : « dictionnaire des œuvres », imago mundimaison-email

L’émail est un verre ou mieux un cristal très affiné, coloré à l’aide d’oxydes métalliques. Les principaux composants sont la silice, la soude, le minium, le carbonate de potasse, le borax, qui sont mélangés selon des formules anciennes.
Ces mélanges sont portés à 1400 degrés pour obtenir une « fritte » qui s’apparente au cristal ; les oxydes métalliques sont alors incorporés pour donner les différentes couleurs de poudre d’émail ( le cobalt pour le bleu, le fer pour le rouge, le cuivre pour le vert,etc…).

La pratique de l’émail est sans doute née des Scythes. Cet art fut introduit en Chine puis aux Indes et fut transmis aux Phéniciens et aux Assyriens. De ces peuples, les Byzantins tirèrent les techniques qu’ils transmirent en Europe vers le XI° siècle.
Les émailleurs italiens ne fabriquèrent que des émaux cloisonnés jusqu’à la fin du XIII° siècle ; mais, dès la fin du X° siècle, des artistes grecs, attirés en Allemagne par les empereurs de la maison de Saxe, avaient fait connaître l’émaillerie sur ciselure en relief, et ce fut plus tard de la Lotharingie (lorraine) que Suger fit venir des émailleurs pour la décoration de l’église St Denis. On pense que c’est d’après les modèles laissés par ces artisans que se forma l’école de Limoges, dont les productions firent oublier celles des Allemands et des Italiens.
Au XIV° siècle , l’adoption des émaux translucides fit passer le goût de l’émaillerie par incrustation, puis, un siècle après, la découverte de la peinture en couleurs vitrifiées sur émail ruina les procédés antérieurs ; durant la période de la Renaissance, l’expression des émaux change radicalement, ainsi que la technique : le champlevé est abandonné et laisse place à l’émail peint et à la grisaille, où toute la plaque de métal est recouverte d’émail.
Les sujets quittent peu à peu le religieux pour se tourner vers le profane, avec des scènes de genre ou de la mythologie, au travers des arts de la table, des éléments de décor et des objets (coffres).
La peinture sur émail tomba en décadence et fut abandonnée dans la seconde moitié du XVIII° siècle.
En 1827, Mortelèque imagine de substituer des tables de lave aux plaques de métal pour étendre l’émail.
La fin du XIX° siècle et le début du XX° siècle voient des émailleurs qui copient les pièces de la Renaissance avec un grand savoir-faire, mais c’est le début de l’Art Nouveau qui donnera naissance à de nouvelles expressions ; des noms tels que Lalique, Jouhaud, J.Sarlandie, s’expriment dans le renouveau de cet art.

maison-emailA Morez du Jura, cet art est arrivé en 1755 par la Suisse pour les cadrans d’horloge comtoises d’abord, puis pour les cœurs de cimetière, les plaques et les numéros de rue, les plaques publicitaires, les tableaux, etc…
En 1850, Morez comptait 4000 habitants et 18 sociétés horlogères, qui produisaient 60000 horloges par an.
L’âge d’or de l’émail fut la période 1860-1880.
En 1935, 400 personnes travaillaient pour l’émail à Morez.

Fidèle à cette tradition, la Maison de l’Email, créée en 1999, continue dans son atelier de Morez à fabriquer à la main des émaux d’art et d’industrie sur des plaques de cuivre et des tôles d’acier.
Notre travail du feu se fait selon le savoir-faire local et chaque pièce est unique et originale.


 
 

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